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la mondialisation


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INTRODUCTION GENERALE



Parler de mondialisation, c’est évoquer l’emprise d’un système économique, le capitalisme, sur l’espace mondial. Avec l’effondrement du bloc soviétique, on a assisté à la disparition de l’un des obstacles les plus importants à l’expansion de l’économie de marché. Dans les pays en voie de développement, la pénétration de l’économie de marché est encouragée de façon systématique par les institutions financières internationales, le Fonds Monétaire International (F.M.I.) et la Banque Mondiale.

            Placées en position de force par la crise de la dette qui a frappé ces économies en développement au début des années 80, ces institutions mettent toute leur puissance au service de la réforme des politiques et des institutions économiques des pays débiteurs. Cette réforme a pour objectif explicite de promouvoir la diffusion de la logique de marché.

            Mais, cette emprise universelle du capitalisme ne se réduit pas au triomphe d’un bloc d’Etats sur un autre, ni même d’un mode de production sur ses concurrents. Cette emprise tend en effet à transcender la logique d’un système interétatique à laquelle elle substitue une logique de réseaux transnationaux.

            Expression de l’expansion spatiale du capitalisme, la mondialisation est aussi et avant tout un processus de contournement et de démantèlement des frontières physiques et réglementaires qui font obstacles au développement des échanges internationaux. En ce sens, l’économie mondiale n’est pas seulement l’économie internationale.

            L’économie internationale est respectueuse des souverainetés étatiques et mettait en rapport les parties autonomes d’un tout non encore intégré, à travers des flux d’échange, d’investissement et de crédit. L’économie internationale correspondait à une phase spécifique de l’histoire du capitalisme, phase au cours de laquelle les marchés nationaux sont largement protégés et régulés par les Etats.

            L’économie mondiale traduit une mutation plus qu’une continuité dans ce processus. Elle se caractérise par une intégration croissante des marchés nationaux et un affaiblissement du rôle économique et social des Etats. La mondialisation peut porter atteinte à certaines prérogatives essentielles des Etats, notamment en matière de contrôle monétaire et de la gestion des finances publiques, etc.

            La mobilité des capitaux encourage l’organisation de la production sur une base mondiale et concourt à la mondialisation des normes de consommation. L’essor des échanges internationaux serait le prolongement naturel de la croissance des économies nationales. L’histoire économique serait l’histoire d’un mouvement progressif d’intégration des marchés. L’expansion du commerce international traduirait l’extension du principe de division du travail à l’échelle mondiale.

            L’échange international est soumis au jeu de deux principes : le principe de spécialisation et le principe de concurrence. Le principe de spécialisation a fait l’objet d’apports théoriques dans le cadre de l’école classique et néoclassique. Il est à l’origine du concept de division internationale du travail.

La théorie traditionnelle (classique et néoclassique) du commerce international reposait sur des hypothèses comme l’immobilité des facteurs de production, de concurrence pure et parfaite et de rendements constants ou décroissants. Cette théorie traditionnelle se trouve aujourd’hui dans l’impossibilité d’expliquer l’internationalisation du capital.

Nombreux auteurs ont adopté, à partir des années 60, une approche empirique pour expliquer les investissements directs à l’étranger. Plusieurs motivations ont ainsi été mises en évidence qui justifient la décision de produire à l’étranger plutôt que d’exporter. Le terme de multinationalisation visait à décrire l’implantation des firmes sur plusieurs marchés nationaux.

Michaël PORTER a fait une distinction essentielle en opposant les stratégies multinationales pratiquées par les firmes multinationales des années 60 et les stratégies globales développées plus récemment par certaines d’entre elles.

Les stratégies multinationales consistent à produire sur plusieurs marchés nationaux des biens adaptés à chaque marché. La production des filiales n’est pas spécialisée ; chaque filiale est un centre de profit en soi qui entretient des relations verticales avec la maison mère mais non avec les autres filiales.

A l’inverse, les stratégies globales visent à unifier la gamme des produits au niveau mondial et à faire de chaque filiale une unité spécialisée dans la fabrication d’un composant particulier du produit fini.

Selon PORTER, l’entreprise est mondialisée lorsqu’elle organise ses opérations tout au long de la chaîne allant de la RD, de l’innovation et du financement, en passant par la production et la distribution, jusqu’aux ventes finales de façon à maximiser sa rentabilité à l’échelle mondiale.

En effet, le phénomène de mondialisation porte en lui les germes de la disparition de la nationalité des firmes. L’ancienne firme multinationale, organisée de façon pyramidale et contrôlée depuis son siège central, s’efface désormais devant une structure mondiale en forme de réseau dans laquelle ce qui compte le plus c’est la capacité à mobiliser et combiner les compétences (conseillers en organisation, conseillers financiers, chercheurs, ingénieurs, informaticiens, experts en marketing, etc.) de toutes nationalités en vue de réaliser des projets complexes.

Malgré le fait que la mondialisation est de nature à affecter le pouvoir régulateur des Etats, l’instance nationale continue d’occuper une place essentielle dans l’économie mondiale contemporaine. Cette influence persistante est due non seulement à la solidité des liens forgés par l’histoire et la culture, mais aussi à la puissance organisatrice et régulatrice des Etats.

Certes, la mondialisation limite le rôle régulateur des Etats mais les politiques publiques sont toujours indispensables pour assurer la mise en valeur des ressources humaines (universités, centres de recherches) et pour favoriser un climat d’affaires propice aux investissements (fiscalité, financement, foncier, aménagement du territoire, etc.).

La mondialisation ne doit pas être pensée comme un état mais comme un processus susceptible de transcender et dépasser à terme la répartition mondiale actuelle des richesses et la domination des flux d’échange par les trois pôles (USA, Union Européenne et le Japon).

En effet, les nations qui avaient espéré fonder leur développement sur une meilleure valorisation de leurs ressources naturelles sans diversifier leurs  exportations font l’objet aujourd’hui d’une marginalisation dans les relations économiques internationales. Par contre, les nations qui sont parvenues à transformer leurs spécialisations internationales et à prendre part dans les marchés mondiaux de produits manufacturés constituent un pôle d’attraction puissant pour les capitaux qui circulent librement à l’échelle du globe.

Ainsi, aux rapports traditionnels de dépendance qui caractérisaient les relations entre le Nord développé et le Sud sous-développé, se superposent désormais des rapports de concurrence qui sont susceptibles de fragiliser toute nation incapable de promouvoir la compétitivité à long terme de son économie nationale.

C’est avec le premier choc pétrolier que surgit la conscience d’une interdépendance économique susceptible d’influencer les politiques économiques des Etats. D’autres facteurs viendront accentuer cette conscience au cours des décennies suivantes :
-          la crise de la dette  des économies en développement
-          le retournement de la position financière des USA à l’égard du reste du monde
-          la crise du système monétaire international
-          la crise des économies asiatiques dans les années 90
-          l’affirmation de la chine comme puissance économique majeure dans les années 2000

Le premier choc pétrolier de 1973, comme le second choc pétrolier de 1979, posaient en outre un redoutable problème à la politique économique des Etats qui se trouvaient confrontés à la montée simultanée de l’inflation et du chômage : cette combinaison de deux problèmes de façon simultanée s’appelle la stagflation. L’impuissance des politiques keynésiennes à lutter contre le chômage et l’inflation a suscité une révision complète des fondements théoriques des politiques économiques.

Tout au long des années 70, la demande d’importation des pays en développement constitua le segment le plus dynamique de la demande mondiale, offrant aux économies développées des débouchés en période de crise.

Le dynamisme du système de crédit international avait permis de transférer l’épargne excédentaire des pays exportateurs du pétrole vers les pays en développement non producteurs de pétrole et ayant des besoins de liquidités financières.

La conjugaison de plusieurs facteurs externes, [comme la hausse des prix des produits pétroliers et des taux d’intérêt, la récession mondiale et la baisse des cours des matières premières], a entraîné une déstabilisation des balances des paiements des pays endettés.

Les pays endettés, incapables de rembourser leurs dettes à échéance, ont été obligés de demander le rééchelonnement de leurs dettes auprès des banques et Etats créanciers. Pour bénéficier du rééchelonnement de leurs dettes, les pays débiteurs ont été contraints de mettre en œuvre des programmes d’ajustement structurel, sous la supervision du FMI et de la Banque mondiale. Ces programmes d’ajustement structurel vont influencer de façon grandiose les politiques économiques des Etats débiteurs. Le but de ces programmes est d’ouvrir les économies en développement endettés vers plus de libéralisation, notamment en matière de commerce extérieur.

Le Maroc, à l’instar de la plupart des pays en développement, a été obligé, pour bénéficier du rééchelonnement de sa dette extérieure, de souscrire à un programme d’ajustement structurel depuis 1983 dans le principal objectif est de dégager des soldes commerciaux positifs (au niveau du commerce extérieur) lui permettant de rembourser le service de la dette. En effet, si le PAS n’a concerné pour le Maroc que la période 1983-1992, il faut dire que la même politique économique a été toujours en vigueur après 1992, puisque le principal souci de cette politique économique est le rétablissement des grands agrégats macroéconomiques, dont notamment les équilibres des balances extérieures.

LES GRANDES TENDANCES DU COMMERCE INTERNATIONAL


La croissance du commerce international a accompagné depuis le XIXe siècle celle de la production. L’évolution du commerce international a été cyclique sous l’effet des guerres ou de crises économiques. Tout au long de son évolution, ce commerce international a connu des changements, voire des mutations, quant à la nature des échanges et à ses acteurs. On est passé d’une mondialisation internationale marquée par l’importance des flux commerciaux à travers les importations et les exportations des biens, à une mondialisation globale où les firmes multinationales sont déterminantes dans la structure des échanges internationaux. Ces situations ne manquent d’affecter l’économie mondiale.



I/ L’essor du commerce international au XIXe siècle

En 1913, l’économie mondiale paraît déjà fortement intégrée, avec une forte ouverture des économies les unes envers les autres. Les économistes historiens cherchent en fait l’origine de cette ouverture. Certains affirment que l’émergence de l’économie mondiale date de 1492, année de la découverte des Amériques par Christophe Colomb, et de 1498, année où Vasco de Gama mit fin au monopole vénitien et arabe du commerce des épices. Cependant, les économistes s’accordent pour dire que la première véritable mondialisation de l’économie débute au XIXe siècle. La preuve de la mondialisation de l’économie se concrétise alors par la convergence internationale des prix du transport et de l’accélération de l’intensité des échanges internationaux.

En moins de cent ans, de 1830 à 1913, le volume des échanges mondiaux est multiplié par vingt, au lieu de trois le siècle précédent. En 1913, ce commerce représente 33% de la production mondiale ; en 1800, il n’en représentait que 3%.

A/ Croissance et structure du commerce international.

Croissance des échanges

            Tout au long du XIXe siècle, la croissance du commerce est plus vive que celle de la production. Les économies deviennent, de ce fait, beaucoup plus ouvertes sur l’extérieur. En 1913, les exportations représentent pour les pays européens, 14% du PNB contre 5,5% en 1830 et 2 à3% au XVIIIe siècle. La valeur totale du commerce mondial est estimée à 800 millions de livres sterling en 1850 ; à 8 milliards en 1913.

            Avec son formidable essor, le commerce international change de nature. Le commerce d’épices des siècles précédents est remplacé par des échanges de matières premières de base et par un début d’échange de produits industriels.

Structure géographique des échanges

            Durant ce XIXe siècle, l’Europe est au cœur du commerce mondial : en 1850 elle réalise 70% de ce commerce. La Grande-Bretagne en assure 20% à elle seule, suivie de la France et l’Allemagne. Ces trois grandes puissances réalisent ensemble 40% des échanges mondiaux. De ce fait, la structure des exportations de l’Europe est fortement dominée par cette même zone, puisqu’elle assure 70% de ses propres débouchés.

            Mais, progressivement, le rôle de l’Europe s’affaiblit. Ce déclin est important après 1880 : la part de l’Europe dans les échanges mondiaux revient aux alentours de 64%, celle de l’Europe de l’Ouest à 50%. On assiste alors à une légère diversification des destinations. L’Afrique et l’Asie représentant 13% des exportations européennes au lieu de 6% en 1880. La fin du XIXe marque le déclin de la Grande-Bretagne dans le commerce mondial. Sa part passe de 20% en 1850 à 14% en 1913. Durant tout ce XIXe siècle, l’Amérique du Nord est le principal partenaire de l’Europe. Les Etats-Unis sont alors les grands pourvoyeurs de coton de l’Europe, le coton qui représente, en 1869, les deux tiers de ses exportations.

            L’essor du commerce international durant le XIX siècle trouve ses explications dans la conjugaison de certains facteurs, notamment les révolutions technologiques, la croissance démographique et une évolution au niveau des idées et des politiques.

B/ Les déterminants des échanges internationaux

Les innovations

La première révolution industrielle prend naissance en Grande-Bretagne au milieu du XVIIIe siècle. Cette révolution industrielle constitue une rupture quant à la nature du système économique puisqu’elle marque le passage d’un mode de production à dominante agraire à un mode de production plus industriel.

Les innovations techniques dans la filature et le tissage du coton ont fait progresser très fortement la production de ce secteur. L’industrie du fer est également au cœur de la révolution industrielle. Entre 1760 et 1788, la production de fonte double ; au cours des vingt années suivantes elle quadruple.

Le XIXe siècle est également marqué par des innovations dans les moyens de transport. La machine à vapeur, le moteur à combustion, l’électricité, etc., sont autant de révolutions qui transforment radicalement les moyens de communication nationaux et internationaux. Les routes, les canaux et les chemins de fer connaissent une expansion rapide. La marine marchande à vapeur remplace progressivement celle à voile.

Les coûts de transport

Grâce à toutes ces innovations et à leurs applications dans les transports, les coûts de transport s’effondrent. Le prix du fret maritime par exemple, diminue dans des proportions de 7 à 1 au cours du XIXe siècle. Cette chute des coûts de transport, associée à celle des coûts de fabrication, réduit les prix des marchandises, facilite considérablement les échanges internationaux et permet la convergence internationale des prix des marchandises.

La croissance de la population

L’émergence de l’économie internationale a été expliquée jusqu’ici en termes d’évolutions techniques et technologiques dans la production et les transports. Mais ces évolutions ne peuvent être dissociées de celles des hommes, de la croissance de la population et de ses migrations.

Entre 1800 et 1920, la population européenne fait plus que tripler ; elle passe de 144 millions d’individus à 486 millions. Son taux de croissance est plus rapide que celui de la population d’Afrique ou d’Asie. En 1900, la population européenne représente 26% de la population mondiale au lieu de 21% en 1800 ; celle de l’Amérique du Nord représente 5% de la population mondiale au lieu de 0,7%. Les principaux facteurs explicatifs de cette croissance résident dans la baisse de la mortalité, l’amélioration des conditions sanitaires et du niveau de vie en général. Cette forte progression augmente les besoins de consommation de la population.

Croissance des investissements et du niveau de vie

La croissance économique du XIXe siècle est la résultante des innovations et de la croissance démographique, mais aussi de l’investissement. Entre 1830 et 1870, l’accumulation du capital passe de 7% du PNB à 14%. Cette croissance résulte d’investissements lourds d’équipement dans l’industrie textile, la sidérurgie, mais aussi dans les chemins de fer, la marine marchande, etc.

Le XIXe siècle est un siècle de forte croissance, comparé aux siècles précédents. Les taux de croissance du produit national sont parfois supérieurs à 5%, avec des taux de croissance par habitant allant jusqu’à 4%.

Les idées libérales et l’ère du libre-échange

Les idées libérales peuvent se retrouver dans un premier temps dans la théorie des physiocrates (école de pensée française) qui réclament, au XVIIIe siècle, la règle du laissez faire, laissez aller. En matière de pensée économique, cette école physiocratique a succédé aux penseurs mercantilistes qui étaient de fervents défenseurs de l’intervention de l’Etat en matière économique, essentiellement pour favoriser l’entrée des devises et des métaux précieux et interdire leur sortie. Les mercantilistes confondaient richesse et métaux précieux (or et argent).

Les physiocrates, pour qui seule l’agriculture est productive et que les autres activités économiques sont stériles, recommande une réduction des interdictions à l’exportation des produits agricoles. Les physiocrates défendaient un ordre juste où l’Etat ne devait assurer que sa pérennité sans intervenir sur le plan économique. L’Etat gendarme doit prendre la place à l’Etat interventionniste.

Ces idées furent reprises par de grands auteurs comme Adam Smith dans son ouvrage célèbre la Richesse des nations (1776) et David Ricardo dans son Traité sur l’impôt (1817), lorsqu’ils construisent un cadre théorique rigoureux en mettant en évidence la nature des spécialisations internationales et les gains mutuels que l’échange pouvait apporter aux partenaires commerciaux.

Pour Smith, la division du travail est nécessaire à la société et que les pays qui possèdent un avantage absolu dans la production d’un bien doivent participer à l’échange international en exportant ce produit et en important les biens où ils manque d’avantages absolus. Pour sa part, Ricardo a montré que même en l’absence d’un avantage absolu, un pays peut exporter un produit s’il possède un avantage comparatif. Pour cela, il a donné l’exemple de l’échange du drap et du vin entre la Grande-Bretagne et le Portugal.

Dans les faits, on assiste progressivement à un démantèlement du protectionnisme. La Grande-Bretagne constitue le foyer principal du libre-échange. En 1846, la Chambre des Communes britannique abolit les lois sur le blé, prévoyant pour 1849 la complète application de cet acte. Le taux moyen des tarifs douaniers en Grande-Bretagne est estimé à 60% à la fin des années 1820, puis à 31% à la fin des années 1830. A la fin des années 1840, les barrières douanières de la Grande-Bretagne sont estimées globalement à 5% sur les matières premières, 12% sur les produits intermédiaires et 20% sur les produits finis. En Europe continentale, l’Union douanière des Etats allemands et l’unification de l’Italie contribuent à renforcer les options et les politiques de libre-échange.

1880-1890 : le retour du protectionnisme

Tout au long du XIXe siècle, la Grande-Bretagne continue sa politique d’ouverture aux échanges internationaux (en particulier sous l’influence de l’économiste Alfred Marshall), ainsi que la Hollande. Mais la majeure partie de l’Europe continentale, du fait des guerres et des difficultés économiques qui s’en suivent (guerre franco-allemande de 1870 et la grande dépression de 1873-1896), replonge dans le protectionnisme.
La fin des années 1880 et le début de la décennie 1890 sont ponctués par des guerres tarifaires et des actions de représailles entre les pays. Au début du XXe siècle, la moyenne des tarifs est approximativement la suivante : Russie 28%, Etats-Unis 18,5%, France 9,8%, Allemagne 9,8% et Autriche 7,5%.

Ces éléments vont alors marquer le début des grandes évolutions du commerce international au XXe siècle.

II/ Les grandes évolutions du commerce international au XXe siècle

A/ Des évolutions cycliques (1913-1947/ 1947-1973)

Le XXe siècle débute par une très forte contraction entre 1913 et 1950 : la croissance du commerce, quasi nulle, est alors largement en dessous de celle de la production. Puis intervient une période d’explosion du commerce mondial entre 1947 et 1973. Cette deuxième phase est interrompue en 1973 du fait de la crise du pétrole.

La dislocation des échanges 1913-1947

La première guerre mondiale et la crise économique de 1929 contribuent à la désintégration du commerce international dans les années 1930. Par souci de sauvegarde de leur propre économie, les pays adoptent des politiques de restriction des importations. La généralisation du protectionnisme tarifaire (la pratique des tarifs douaniers, comme par exemple la fait de taxer l’entrée d’un produit à un taux de 70%) ou quantitatif (comme par exemple l’interdiction totale d’importer un bien ou le fait de n’accepter qu’une quantité limitée de ce bien) ne fait qu’aggraver la crise économique.

La France est l’un des premiers pays à appliquer des mesures de restriction quantitative à une grande échelle afin de combattre la récession. Elle est suivie par un grand nombre d’autres pays. Ces pratiques protectionnistes amènent alors des représailles de la part des partenaires qui ont vu se dresser devant leurs produits des barrières protectionnistes. Ces pays ont été amenés à entrer à leur tour à pratiquer des mesures protectionnistes, ce qui a entraîné une forte diminution des échanges internationaux.

Les conflits du début du XXe siècle et la crise économique marquent un nouveau déclin du commerce mondial. En 1948, la part de l’Europe de l’Ouest dans le commerce mondial est à son niveau le plus bas : elle n’en représente que 35%, au lieu de 60% en 1880. Ce déclin profite aux Etats-Unis qui a assuré 22% du commerce mondial en 1948.

L’âge d’or de la croissance des échanges internationaux (1948-1973)

A l’inverse des années d’avant-guerre, la période 1948-1973 peut être considérée comme celle de l’âge d’or de la croissance économique mondiale et du commerce international. En France, l’économiste français Jean Fourastié a qualifié cette période de forte croissance de la production et de l’échange par l’expression « les trente glorieuses ». 

Les taux de croissance moyens de la production industrielle avoisinent les 6% l’an ; le Japon connaît même des taux de croissance largement supérieure à 10%. La croissance du commerce international est en général de 4 points supérieure à celle de la production.

Cette situation de croissance exponentielle de la production et de l’échange international permis à tous les pays développés d’assurer le plein emploi. Plusieurs pays ont été contraints même de recourir à la main d’œuvre étrangère pour faire face à une carence à niveau notamment dans certaines branches d’activités, comme les secteurs du  bâtiment, de l’industrie automobile, l’agriculture, etc.

Il faut souligner qu’après la période de ruine et de déclin du commerce international, du fait des guerres et de la crise de 1929, les pays développés vont s’efforcer de reconstruire leurs économies sur de bases solides à travers la coopération et la coordination en matière économique. Ces pays ont trouvé nécessaire de doter les relations économiques internationales d’une organisation sur le plan institutionnel. Dans ce cadre plusieurs organisations internationales vont voir le jour.

Lors de la Conférence de Bretton-woods de 1944, il a été procédé à la création du GATT, (l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), dont la mission est d’établir les règles en vue de l’organisation et du développement du commerce mondial, et le FMI (Fonds monétaire international), dont le rôle est d’accorder des aides aux pays ayant un déficit au niveau de la balance des paiements. D’autres organisations internationales et régionales ont été créées pour assurer le développement du commerce international, comme la Banque mondiale, l’organisation mondiale du tourisme ou la CNUCED (Conférence des nations unies pour le commerce et le développement), qui concerne surtout les pays en développement.

Chocs pétroliers et rupture de la croissance

Le début des années 70 a été marqué d’abord par la crise du dollar, en tant que principale monnaie internationale, qui n’est plus convertible en or comme auparavant. Mais c’est le premier choc pétrolier qui constitue un évènement sans précédent dans l’histoire du commerce international. Ainsi, à la mi-octobre 1973, l’ensemble des treize membres de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) s’accorde pour augmenter en même temps le prix du pétrole brut de 70% ; en décembre 1973, intervient une nouvelle augmentation de 130%. En quelques mois, le prix du baril de pétrole passe ainsi de 2 à 14 dollars.

Ce choc aura un double effet de récession et d’inflation dans les pays industrialisés, combinaison de deux maux appelée stagflation. Engendrant une ponction importante de revenu des pays importateurs de pétrole, pour payer le même volume de pétrole, la crise de 1973-1974 casse la croissance économique, accentue la montée du chômage et engendre des déficits considérables des balances des paiements. Provoquant une hausse des prix de l’énergie importée, le choc pétrolier participe à l’accélération de l’inflation que connaissent tous les pays développés.

Après une période de relative stabilité du prix du pétrole, le second choc pétrolier, lié au déclenchement de la guerre Iran-Irak, intervient en 1979. Il fait passer le prix du pétrole de 12 à 35 dollars le baril. Entre 1978 et 1981, le prix augmente de 167%. Ces deux crises pétrolières, associées à un dérèglement du système monétaire international, à la recrudescence de la concurrence, liée à l’émergence de nouveaux pays industriels, et à une montée des déséquilibres macroéconomiques, contribuent largement à ralentir la croissance économique et les échanges internationaux.

Après une stagnation au début des années 1980, le commerce international allait enregistrer une reprise et afficher une évolution quant à la nature des produits échangés et les acteurs impliqués dans la production et l’échange. On assiste de plus en plus à un passage d’une mondialisation internationale à une autre forme de mondialisation, qualifiée de globale.

B/ Les traits caractéristiques de la mondialisation économique contemporaine

A la fin du XXe siècle, on a coutume d’indiquer que l’économie entre dans une phase de mondialisation globale. Après la première mondialisation du XIXe siècle, la mondialisation actuelle peut présenter des similitudes avec l’essor du commerce international du XIXe siècle, notamment pour ce qui de l’indicateur d’ouverture au commerce international (exportations + importation /PIB). Toutefois, la mondialisation actuelle constitue, certes une continuité pour ce qui du degré d’ouverture des économies, mais aussi une évolution radicale (rupture) en matière de production et d’échange international. Ainsi, la structure et la nature des échanges ont fortement évolué et changé. De plus, la nouvelle phase de mondialisation est caractérisée par des évolutions internationales qui dépassent le seul élément du commerce de marchandises.

Le terme de mondialisation utilisé de nos jours désigne avant tout un processus dynamique et multidimensionnel. Des ressources auparavant largement nationales deviennent internationalement mobiles (capital, facteur travail notamment), et les économies nationales sont de plus en plus interdépendantes. Cette mondialisation concerne au mois cinq éléments de l’économie internationale :

1)      la mondialisation des marchés des biens et des services
2)      la mondialisation de la concurrence et l’apparition de nouveaux concurrents étrangers,
3)      la mondialisation de la technologie, avec une forte vitesse de propagation des innovations,
4)      la mondialisation des firmes et des industries, avec d’importants investissements directs étrangers, des délocalisations, des accords de coopération et des alliances internationales,
5)      enfin, la mondialisation des marchés financiers, qui se traduit par une forte croissance des investissements de portefeuille, et des déplacements massifs et instantanés des capitaux à court terme. Cette mondialisation des marchés financiers s’est renforcée par la libéralisation des mouvements de capitaux, la déréglementation, la privatisation et l’ouverture de nouveaux marchés aux échanges et aux investissements.

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) jouent aujourd’hui un rôle crucial dans la compétitivité et la productivité des entreprises. Ces technologies peuvent doper l’activité économique pour certains secteurs fortement utilisateurs de ces technologies, comme les services (tourisme, banque, transport, etc.).

III/ Multinationalisation des firmes et commerce international

A/ L’importance des investissements directs à l’étranger (IDE)

Le commerce international est réalisé principalement par les firmes. Mais celles-ci peuvent également s’implanter à l’étranger afin de mieux contrôler leurs marchés extérieurs ou leurs sources d’approvisionnement. Elles peuvent établir des succursales de vente, mais aussi des unités de production. Elles deviennent multinationales et cette multinationalisation va agir sur les flux d’échanges internationaux.

Définitions

Une firme multinationale est une entreprise qui fabrique tout ou partie d’un produit à l’étranger. La production à l’étranger est l’essence même de la multinationalisation : elle nécessite l’établissement de filiales à l’étranger.

La multinationalisation est en général le résultat d’une stratégie mondiale de la firme. La firme connaître plusieurs stades d’organisation et de stratégie. Il y aura globalisation de sa stratégie lorsque tous les pays seront considérés comme un seul et même marché où la firme interviendra simultanément.

Les investissements directs à l’étranger sont des investissements effectués pour créer une filiale ou avoir un certain contrôle sur une entreprise étrangère. La notion de contrôle est définie à l’aide d’un pourcentage d’actifs de la firme détenus par l’investisseur. Ce pourcentage était souvent différent selon les statiques des pays. Aujourd’hui, le seuil de 10 % des actifs possédés par la maison mère étrangère détermine le plus souvent le statut d’investissement direct à l’étranger.

Ce niveau de détention d’actifs permet de différencier, parmi les mouvements de capitaux à long terme, les investissements de portefeuille des investissements directs. Les premiers sont considérés comme des placements internationaux, les seconds introduisent une notion de pouvoir de décision de l’investisseur sur l’entreprise rachetée ou construite à l’étranger (filiale). L’IDE implique en général, non seulement un transfert de fonds financiers, mais en même temps un transfert de technologie et de capital humain (expertises et compétences des cadres expatriés).

Les données statistiques sur les IDE et en provenance de l’étranger sont appréhendés au niveau de la balance des paiements qui est un document comptable retraçant les relations commerciales et financières entre les résidents et le reste du monde.

Progressivement, la firme multinationale organise un réseau international, de conception, de production, d’assemblage et de commercialisation de ses produits. Les relations entre les filiales et la maison mère au niveau international donnent lieu à un commerce international intra-firme. Les relations avec d’autres firmes développent  un commerce inter-firmes, lié à l’approvisionnement en matières premières, à la fabrication de certaines pièces, à l’assemblage ou bien à la commercialisation du produit final. Les firmes multinationales sont ainsi au cœur d’un vaste réseau d’échanges internationaux.

La composition des IDE a changé fortement entre aujourd’hui et le début du XXe siècle. En 1914, 55% du stock des IDE se trouvait dans le secteur primaire, 20% dans les chemins de fer, 15% dans les produits manufacturés et seulement 10% dans les services, la distribution et les banques. A la fin des années 1990, la structure est très différente : pour l’union européenne, 63% des IDE se situent dans les services, 31% dans les produits manufacturés, et seulement 6% dans les produits primaires.

Depuis la seconde moitié des années 1980, dans le processus de mondialisation, l’IDE constitue l’élément le plus dynamique dans l’évolution de l’économie mondiale. Entre 1985 et 1999, l’IDE des pays de l’OCDE a augmenté deux fois plus rapidement que le commerce des biens et services. Les IDE restent toujours fortement concentrés entre les pays développés. Toutefois, on assiste de plus en plus à une régression des pays développés en raison de l’émergence de nouveaux pays investisseurs, comme les pays d’Asie, et à l’apparition de nouveaux pays d’accueil, principalement la chine.

Les IDE dans les services ont crû plus vite que dans les autres secteurs. Leur part dans le total du stock des IDE est passée de 45% en 1988 à 56% en 1998%. L’accroissement de ces investissements est lié à la libéralisation progressive des échanges internationaux dans les services (dans le cadre de l’OMC) et aux investissements qui les accompagnent. C’est cette situation qui explique une forte dématérialisation de l’économie et la place du capital immatériel dans la croissance économique d’aujourd’hui. On est passé d’un stade où la richesse se basait sur l’exploitation des ressources naturelles minières et agricoles à un stade où ce sont les facteurs d’innovation, d’information et de services qui favorisent le développement des firmes et des économies.


B/ Les principaux facteurs explicatifs de la multinationalisation

Depuis la fin des années 50, la multinationalisation des firmes a donné lieu à une immense littérature économique. Les explications avancées se répartissent pour l’essentiel, en trois grandes rubriques :
1)      la première classe d’explications met l’accent sur les imperfections des marchés, et sur les avantages stratégiques possédés par les insiders sur les outsiders dans les diverses zones nationales. Cette analyse correspond notamment à la phase où l’internationalisation par l’exportation des produits plus ou moins standardisés se heurte aux protections érigées par les pays importateurs, et conduit à l’implantation d’unités de production dans les zones de marchés.
2)      Une deuxième grande catégorie d’explications est centrée sur les avantages compétitifs qui résultent pour la firme de l’internationalisation de nouvelles activités, notamment grâce à la réduction des coûts de transaction. Ces explications veulent rendre compte de la préférence donnée à la création d’unités étrangères intégrées par rapport à la sous-traitance ou à l’établissement d’alliance avec les firmes locales.
3)      Enfin, la troisième explication est celle des avantages comparatifs des localisations, en fonction notamment du coût des ressources. Cette explication domine dans les thèses de la « division internationale du travail » des années 70, qui constatent un mouvement important d’investissements vers les pays du Sud, à faible coût du travail, pour des activités banalisées de fabrication.

Ces diverses explications ne s’appliquent pas seulement à l’internationalisation mais plus généralement à la multilocalisation, la frontière nationale n’étant en définitive qu’une forme de segmentation des espaces. Il est clair que les avantages stratégiques, compétitifs et comparatifs se combinent aujourd’hui pour expliquer les raisons qui poussent les firmes à la multinationalisation.

En effet, en plus de ces principaux facteurs explicatifs du phénomène de multinationalisation des firmes, d’autres variables sont également prises en compte comme le climat politique et de sécurité d’un pays (le risque pays), les législations sociales nationales, la politique économique (fiscalité, financement, recherche et innovations), l’organisation territoriale, etc., c’est-à-dire l’ensemble des éléments qui peuvent rendre le climat à l’investissement plus ou moins propice.

Pour comprendre les formes nouvelles de l’internationalisation, et plus généralement de la multilocalisation, il faut insister sur deux aspects : le premier est celui des modes de compétition, et en l’occurrence de la formidable montée des modes de compétition axés sur la variété et la réactivité, caractéristique des années 80. Le second est celui de l’organisation des firmes.

Les processus de multilocalisation sont très variables selon les secteurs. En particulier, ils diffèrent selon qu’il s’agit de produits relativement standardisés, faisant l’objet d’un marché étendu, ou de produits destinés à des usages spécifiques et variables.

Après la phase de multinationalisation classique des années 60-70 – filiales étrangères, produits encore relativement peu diversifiés, fort contrôle financier du centre – les changements des années 80-90 procèdent d’un double mouvement :
-          le premier est l’exacerbation de la concurrence pour les débouchés, qui donne lieu à la vague d’investissements croisés, dont le but premier est d’acquérir des positions de marché, dans une course où la rapidité et les effets d’imitation jouent un rôle essentiel. Cette intensification de la concurrence et l’ouverture des économies nationales renforcent considérablement le degré d’incertitude auquel sont confrontées les firmes, et la place des critères de différenciation – qualité, variété, réactivité temporelle – dans la compétition.
-          Le second mouvement, est la diversification galopante des produits qui traduit le passage d’une économie mondiale dominée par l’offre à une économie mondiale dominée par la demande.

Le résultat combiné de ces mouvements est que les grandes firmes doivent gérer non seulement un ensemble souvent disparate d’unités et d’activités, mais des exigences de variété et de réactivité qui sont hautement spécifiques aux diverses zones. Des ensembles productifs sont alors confrontés à un degré de complexité menaçant pour la compétitivité. La situation est d’autant plus dangereuse que les technologies sont souvent faciles à imiter et que les grandes firmes se trouvent affrontées sur un nombre croissant de marchés à des concurrents locaux plus petits et de plus en plus compétitifs.

C’est alors que la globalisation s’impose comme stratégie de maîtrise de cette diversité, de coordination entre les segments juxtaposés de la multilocalisation traditionnelle. Ainsi, stratégies de présence accrue sur les marchés finaux, mutations des formes de concurrence, recherches de nouvelles économies de dimension, tous ces facteurs permettent de valoriser la multilocalisation tout en maîtrisant la diversité des produits et des marchés.

C/ Firmes multinationales et rôle des Etats-nations

Certains auteurs pensent que tout cela pousse à l’effacement progressif des Etats, inexorablement débordés par la puissance de la globalisation. Mais cette thèse n’est pas totalement valide au regard de la pratique, car la tendance dominante n’est pas celle d’un retrait des Etats mais d’une mutation de ses actions. On assiste à une imbrication entre les structures étatiques et l’économie privée même dans les régimes les plus libéraux. S’il y a désormais un consensus quasi général sur les avantages et le caractère irréversible de l’économie ouverte, des inquiétudes demeurent sur l’unité des politiques étatiques. D’un côté, les Etats cherchent à garder un certain contrôle des flux, pour ne pas être réduits au rôle de spectateurs de l’économie globalisé. Mais, d’un autre côté, la méfiance entre les Etats et les firmes s’est fortement atténuée. Les grandes firmes sont devenues, notamment dans les pays en développement, des partenaires privilégiés qu’il s’agit à tout prix de séduire et de fixer.

Remise en cause des politiques redistributives (protection sociale et droits sociaux), limitation de la régulation macroéconomique, forte pression sur le niveau des dépenses publiques (exigence de baisser les prélèvements obligatoires constitués par les impôts et les cotisations sociales), mise en cause de la capacité réglementaire des Etats, etc., tous ces facteurs font que la tension est forte entre les Etats-nations et les agents privés mondialisés.
Les Etats-nations et les politiques économiques sont-ils encore des cadres pertinents pour influencer ou réguler les dynamiques économiques ?

A ce sujet, deux conceptions s’opposent : la première, qui considère la mondialisation comme un approfondissement de l’internationalisation, concilie à la fois l’existence d’Etats-nations souverains et la réalité de leur interdépendance. Pour cette approche, les Etats-nations restent des unités d’analyse pertinentes, dotées de prérogatives irréductibles. La seconde conception, qui considère la mondialisation comme une affirmation de la globalisation, met l’accent sur l’affaiblissement des Etats par des pouvoirs extérieurs liés au marché comme les firmes multinationales, mais également par les organisations internationales, le crime organisé ou la société civile.

Certes, la période actuelle est une période de crise. La globalisation remet en cause le rôle des Etats dans la régulation macroéconomique. Celle-ci passait jadis par la maîtrise par les Etats de leurs politiques économiques et sociales. La globalisation financière a obligé à un abandon de cette stratégie.  Mais pour l’instant aucun organisme n’a pris le relais pour assurer à l’échelon mondial la régulation de l’activité économique que prenait en charge jusque-là l’Etat au niveau national.

En réalité, une grande confusion règne aujourd’hui quant aux objectifs et quant aux moyens des politiques publiques nationales. Le champ des IDE est déterminé par des stratégies industrielles et financières d’entreprises. C’est par rapport à celles-ci que les politiques publiques seront conduites à s’adapter, d’avantage qu’elles n’auront la possibilité de prendre des initiatives indépendantes.

Le grand problème est de savoir si les politiques économiques (industrielle, monétaire, budgétaire, etc.) gardent leur pertinence et leur efficacité dans une économie largement ouverte et globalisé. Ainsi, les grandes politiques sectorielles enregistrent des mutations provoquées par la dissociation entre l’espace des firmes et les espaces institutionnels publics.

Les firmes multinationales veulent se protéger de la volonté des Etats. Lors de négociations, comme celles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), de l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI) ou de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) ou même à Bruxelles, dans le cadre de l’Union européenne, les firmes multinationales font pression pour limiter le droit des Etats à introduire des normes pour l’environnement ou la protection du consommateur, des mesures favorisant la culture nationale, etc. Le risque paraît non négligeable que cette dynamique aboutisse à paralyser les Etats au nom de la liberté du commerce.

On observe un grand basculement des politiques de contrôle des IDE vers des politiques d’ouverture. Ce basculement est particulièrement frappant dans de nombreux pays en développement qui ont révisé dans un sens beaucoup plus libéral leurs codes d’investissement. Nombreux pays en développement, dont le Maroc, confrontés à de sérieux problèmes socioéconomiques, accordent, dans le cadre de leurs codes des investissements, plusieurs avantages sur le plan fiscal, financier et foncier et du transfert des bénéfices.

Ces pays d’accueil cherchent à mieux tirer profit de l’impact positif des IDE pour combler l’insuffisance de l’épargne et des ressources locales, réduire les taux de chômage, entraîner des effets d’entraînement sur les autres secteurs économiques, bénéficier des effets du transfert de technologie et de l’expertise des cadres expatriés ainsi que la dynamisation territoriale.

Mais, si les IDE peuvent avoir des effets bénéfiques sur les pays d’accueil, les firmes multinationales ont aussi le pouvoir d’influencer les politiques publiques des Etats de ces pays d’accueil dans un sens plus conformes à leurs intérêts.

Traditionnellement, l’économie sociale de marché sépare les activités marchandes d’un secteur non marchand organisé par l’Etat (éducation, santé, culture, assurance maladie, assurance retraite, etc.). Les firmes multinationales remettent en cause cette dichotomie. Elles veulent rendre marchands les secteurs potentiels rentables que gérait l’Etat-providence. Le risque est grand que se constituent ainsi des sociétés à deux vitesses, avec des services privés pour les plus riches et des services publics de mauvaise qualité pour les plus pauvres.

Le fait que ces firmes ont le pouvoir d’arbitrer entre les destinations d’implantation de leurs activités, elles poussent les systèmes économiques et sociaux des Etats à entrer en concurrence dans le but de les attirer. Pour cela, les Etats révisent leurs législations sociales dans un sens moins contraignant pour le fonctionnement de ces firmes. Cette révision peut porter atteinte à certains droits sociaux et rendre plus précaires les conditions du travail.

D/ Ancrage ou nomadisme territorial des firmes multinationales

Les raisonnements économiques traditionnels ignorent une dimension centrale qui est celle de considérer les territoires comme une structure active et non pas seulement comme un réceptacle ou un périmètre des activités.

Le monde émergent de la globalisation est-il un monde indifférent aux ancrages territoriaux de ses acteurs ?

Plusieurs arguments sont avancés pour refuser l’idée d’indifférence territoriale et montrer le rôle croissant des interactions territoriales dans la compétitivité  des firmes et des économies. L’ancrage territorial des firmes n’est pas seulement une rigidité à réduire et constitue, dans de nombreux cas, un atout crucial pour plusieurs raisons.

Michaël Porter développe ce thème à propos de l’ancrage des firmes. Il met en avant quatre facteurs reliés entre eux (le losange de la compétitivité) :
1)      l’existence d’une concurrence stimulante qui empêche les firmes de s’endormir ;
2)      l’existence d’un marché suffisamment large et sophistiqué ;
3)      l’existence de facteurs de production complexes et spécialisés (en particulier du point de vue des compétences humaines et des infrastructures techniques) ;
4)      enfin, la présence d’un tissu de relations denses entre les acteurs (fournisseurs, clients, centres de recherche, etc.).

Ainsi, la question d’une meilleure organisation territoriale est aujourd’hui plus posée que les questions se rapportant au macroéconomique. Une organisation territoriale idéale doit favoriser l’émergence de SPL (systèmes productifs locaux) ou plus encore de Clusters.

La notion de SPL peut être définie comme un ensemble caractérisé par la proximité d’unités productives au sens large du terme (entreprises industrielles, de services, centres de recherche et de formation, etc.) qui entretiennent entre elles des rapports d’intensité plus ou moins forte. La densité des liens entretenus entre les unités de production dépend avant tout de l’organisation et du fonctionnement du système de production.

Le concept des clusters repose sur la proximité géographique et culturelle ainsi que sur la complémentarité d’entreprises ou d’institutions partageant un même domaine de compétence. Il prend souvent la forme d’une agglomération d’entreprises partageant une activité similaire. Il va au-delà de la simple recherche d’économies d’échelle entre entreprises concurrentes (mutualisation des moyens de production), mais crée des synergies entre différents acteurs (recherche, entreprise) qui suscite une croissance économique et joue un rôle d’aiment en termes d’attractivité.

            Les approches de clusters font avant tout référence aux vertus du regroupement de différentes firmes au sein d’un même espace géographique. La proximité géographique est souvent jugée souveraine, et porteuse de bénéfices en termes de circulation de connaissances, de diffusion d’une culture commune ou de constitution d’un capital humain ou social au sein de l’aire considérée.

La caractéristique dominante de l’époque actuelle est la mondialisation de l’économie et de la technologie, dont les progrès des moyens de transport et de communication ne sont qu’une condition nécessaire, mais qui bouleversent les modes d’organisation des entreprises et des industries. Les territoires locaux jouent de plus en plus la concurrence pour l’accueil des investissements productifs. Pour leur part, les entreprises tendent à devenir de plus en plus nomades et sont amenés à reconsidérer le bien-fondé de leur implantation en un site donné.

Ceci tient certes à des considérations de coûts des facteurs de production en un lieu donné, mais aussi et surtout à leur insertion dans une organisation industrielle globale intra comme inter-sectorielle. Toute activité industrielle ou tertiaire procède à la fois de l’exercice d’une activité de production, dont l’efficacité dépend des conditions d’accès aux ressources (prix relatifs des facteurs et accessibilité) et aux marchés, et d’une activité de création de ressources (gains de productivité, technologie, innovation, …) qui vise à garantir la pérennité de la première.

L’une et l’autre de ces deux dimensions de l’activité industrielle ou tertiaire supposent, pour une entreprise donnée, la mise en œuvre de ressources propres, mais aussi l’existence de relations contractuelles et de marché (coûts de transaction) ou hors marché (coopération) qui fondent une proximité organisationnelle, voire institutionnelle.


Ainsi, l’organisation territoriale, si elle se rapporte à priori à une proximité géographique, peut-elle générer des effets de proximité organisationnelle et/ou institutionnelle qui suscitent les interactions et la coopération entre unités situées dans une même proximité géographique. Dès lors, cette conjonction de proximités fonde le territoire comme espace pertinent de l’activité industrielle et d’innovation ouvrant la voie à l’ancrage. C’est là que réside la notion de rencontre productive, entendue comme un processus collectif de co-production de ressources. Si la dynamique de l’innovation peut être considérée comme l’un des principaux ferments du départ de la firme d’un territoire, elle peut aussi être considérée a contrario comme l’un des principaux arguments pour y demeurer et y approfondir son engagement.


La notion de rencontre productive désigne ainsi la capacité émergente d’acteurs co-localisés à apporter des solutions à certains problèmes productifs, voire à formuler et résoudre des problèmes inédits. Elle prend place dans un cadre territorial, c’est-à-dire mettant à profit des effets de proximité géographique. La rencontre productive est génératrice d’indivisibilités dans le rapport firme-territoire et contribue au processus de création de ressources. Elle est par conséquent le facteur essentiel de l’ancrage au sens de la dynamique économique et de l’innovation.

La problématique du nomadisme et de l’ancrage territorial des entreprises renvoie à une problématique d’ordre territorial dans laquelle le territoire doit faire face à des options et des choix en ce qui concerne les modalités de développement local, dont la diversité exprime des degrés plus ou moins avérés de construction territoriale. Cette nécessité de dépasser un niveau de passivité du territoire, pur réceptacle des activités économiques en vue d’un rôle plus actif du territoire, acteur de son destin, pose des problèmes de gouvernance territoriale.

Aussi, les capacités d’intervention et d’action de l’Etat restent importantes pour ses missions relatives à l’aménagement du territoire et pour éviter à ce que des territoires se développement à outrance et d’autres se trouvant contraint à la marginalisation. Malheureusement, les Etats tendent souvent à s’exonérer de leurs responsabilités en mettant en avant la mondialisation de l’économie et l’incapacité de contrecarrer ses effets au risque de nuire à la compétitivité économique.

Les Etats préfèrent laisser jouer les tendances et les mécanismes d’implantation plutôt que de les infléchir puisque les agents économiques décident selon leurs intérêts de rentabilité qui est souvent assuré dans les grandes agglomérations. Cette situation peut entraîner une dualisation avec des zones insérées dans l’économie internationale et des zones vivant à l’abri des enjeux de productivité et de rentabilité.

En somme, si la globalisation affecte le pouvoir régulateur des Etats, un mode adéquat de gouvernance mondiale est indispensable pour contrecarrer cette tendance malheureuse, celle de laisser des populations et des territoires s’appauvrir et se marginaliser au nom de la liberté du commerce. Mais, les politiques publiques nationales ne doivent céder et s’effacer totalement devant l’hégémonie de cette mondialisation. Les différences niveaux (local, national et mondial) doivent coexister durablement pour rendre cette mondialisation plus équitable


LA SPECIALISATION INTERNATIONALE : ENSEIGNEMENTS THEORIQUES


L’internationalisation des économies est un phénomène général et nécessaire : général, car toutes les nations participent à l’échange international quelles que soient leur dimension ou leur régime économique ; nécessaire, car aucun pays ne peut disposer de toutes les ressources naturelles, humaines et techniques nécessaires à  la production des biens et de services souhaités par les consommateurs.

Cette ouverture des économies sur l’extérieur apparaît croissante dans le temps et dans l’espace. Si l’on suit l’évolution d’une économie dans le temps, l’on s’aperçoit que le taux d’ouverture, mesuré par le rapport entre la valeur des exportations ou des importations (ou d’une moyenne des deux) et la valeur du Produit Intérieur Brut, augmente presque systématiquement au cours des trente ou quarante dernières années pour la majorité des pays développés et ceux en développement.

La forte ouverture de la plupart des pays en voie de développement ne peut être considérée comme le signe d’une dépendance particulière vis-à-vis de l’extérieur, mais comme, au moins en partie, une caractéristique normale liée à leur stade de développement économique.

L’ouverture d’une économie à l’extérieur peut engendrer des effets différents selon les caractéristiques des nations concernées : les effets peuvent être étudiés au niveau des relations et agrégats macroéconomiques, puis au niveau qualitatif, celui de la spécialisation internationale d’un pays.

On dira d’un pays qu’il est spécialisé dans une production s’il exporte une partie relativement importante de la production de ce bien ; il sera déspécialisé si une partie relativement importante de la consommation domestique d’un pays est satisfaite à partir des importations. Ce critère n’est pas sans poser problème aujourd’hui, dans la mesure où la plupart des pays sont à la fois importateurs et exportateurs de la même catégorie de produits.

Pour mesurer le degré de spécialisation d’un pays, l’on convient de construire un indice de la spécialisation prenant en compte à la fois les importations et les exportations, c’est-à-dire fondé plus ou moins explicitement sur la valeur du taux de couverture par produit (rapport entre la valeur des exportations et la valeur des importations). Toutefois, ce qui plus intéressant, c’est l’analyse des effets de la qualité de la spécialisation internationale sur le gain qu’un pays peut tirer de son ouverture à l’extérieur.

La spécialisation internationale engendre une réallocation du travail dans le secteur pour lequel le pays a un avantage comparatif. Dans la mesure où chaque pays se spécialise dans le produit qu’il sait le mieux faire, un gain global en résulte du fait de la meilleure allocation mondiale des activités. Cependant sa répartition ne va plus dépendre uniquement des conditions de l’offre de production, la demande doit également être prise en compte.

Ainsi, pour plusieurs auteurs traitant du commerce international, l’ouverture à l’extérieur implique toujours un gain réel et un gain en bien-être pour une nation, par rapport à l’autarcie : chaque pays en effet pourra exploiter ses avantages comparatifs, et augmenter ainsi la quantité de biens disponibles sur son territoire, pour un effort productif donné ; l’évolution dans le temps de ce gain statique de l’ouverture dépendra de la flexibilité des structures économiques du pays, qui s’adapteront et anticiperont ou non les variations de la demande nationale et internationale : un gain dynamique pourra apparaître et renforcer systématiquement l’avantage initial, ou des pertes dynamiques viendront progressivement réduire le gain initial : les choix de stratégie de firmes, l’innovation, les structures d’épargne et d’investissement auront donc autant d’importance que les dotations initiales en ressources naturelles, humaines et techniques.

A/ LE MODELE CLASSIQUE

Pour les mercantilistes, le commerce international n’est profitable que pour le ou les pays qui réussissent à obtenir des surplus à l’exportation, augmentant ainsi leurs recettes en devises étrangères ou en or et enrichissant de ce fait le pays. Ce que gagne un pays est perdu par l’autre (jeu à somme nulle).

Pour Adam Smith, dans la Richesse des Nations (1976) : les échanges volontaires entre deux pays profitent à chaque partenaire sans pour autant qu’il soit nécessaire pour l’un d’avoir un surplus de sa balance (jeux à somme nulle) : c’est la notion d’avantage absolu. Adam Smith fonde les échanges internationaux sur des avantages absolus de coût (un pays exporte s’il produit moins cher que les autres). Cette analyse comporte une limite évidente : une nation ne disposant d’aucun avantage absolu ne peut participer au commerce international.

Lorsque Adam Smith soutient qu’il vaut mieux acheter à l’étranger ce qu’il coûterait plus cher de produire chez soi, il énonce un précepte évident d’économie privée, en vertu de son postulat de la concordance de l’intérêt général et de l’avantage privée. La norme de libre-échange est ainsi fondée intuitivement, alors que la démonstration rigoureuse en fait défaut. Ce seront les successeurs d’Adam Smith, principalement Ricardo et Jean Stuart Mill, qui en expliciteront le bien fondé.

Bien que Robert Torrens semble avoir le premier, en 1815, à énoncer le principe des coûts comparatifs, celui-ci a traditionnellement été associé au nom de Ricardo, qui le suggère dans ses Principes d’économie politique et de l’impôt (1817). L’idée nouvelle introduite par Ricardo réside dans ce principe de l’avantage comparatif : chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production du bien pour lequel il détient l’avantage comparatif le plus élevé ou le désavantage comparatif le plus faible. La théorie ricardienne fournit simultanément une explication de la composition du commerce international et une démonstration des gains de l’échange entraînés par l’ouverture des frontières.

Pour David Ricardo (1817) et Torrens, même un pays qui n’a pas d’avantage absolu peut participer à l’échange et obtenir un gain, pour lui comme pour ses partenaires. C’est la notion d’avantages comparatifs. Torrens et Ricardo ont démontré que la spécialisation et l’échange international devaient être basés sur les avantages comparatifs. La théorie classique de l’échange international s’est affirmée en différenciant les avantages comparatifs des avantages absolus et en établissant que tout pays pouvait obtenir un gain à l’échange.

Torrens et surtout Ricardo ont mis en lumière le gain de la spécialisation appropriée. Chez les deux auteurs, le problème en est un d’affectation des ressources nationales (travail, capital et terre) entre deux secteurs, en fonction des possibilités d’échange international. Ces auteurs comparent le taux de transformation interne au prix externe (termes de l’échange). Lorsque les ressources nationales sont appliquées là où leur rendement (exprimé en termes d’un bien quelconque) est le plus élevé, l’avantage national est maximisé.

La spécialisation internationale engendre une réallocation du travail dans le secteur pour lequel le pays a un avantage comparatif. Dans la mesure où chaque pays se spécialise dans le produit qu’il sait le mieux faire, un gain global en résulte du fait de la meilleure allocation mondiale des activités. Cependant, sa répartition ne va plus dépendre uniquement des conditions de l’offre de production, la demande doit également être prise en compte.
Le modèle des avantages comparatifs est intégré par certains auteurs néo-classiques dans une perspective d’équilibre général où l’offre et la demande des biens, ainsi que les prix et les salaires, ont chacun un rôle à jouer.

Les avantages comparatifs des pays peuvent donc être réexaminés en termes de coûts d’opportunité. Le coût d’opportunité d’un produit i sera alors représenté par le montant du bien j qui doit être abandonné, pour dégager assez de ressources afin de fabriquer une unité supplémentaire du bien i. Les consommateurs n’examinent pas les coûts comparatifs avant d’acheter des produits nationaux ou étrangers, mais ils comparent les prix d’un même bien fabriqué chez eux et fabriqué ailleurs. Il est alors important d’étudier la relation entre les coûts comparatifs et les prix de marché ; c’est dans ce contexte que les différences de productivités, de salaires et les taux de change vont jouer.

Des tests en France (Guinchard (1984), Mazier (1988)) soulignent également le rôle des coûts comparatifs sur les spécialisations relatives, en indiquant l’importance relative d’avantages hors-coûts comparatifs dans la spécialisation. C’est le cas du tourisme dont certains produits et services (culture, attraits naturels…) exigent moins de travail ou de capital. Néanmoins, bien que certains produits et services touristiques ne nécessitent pas trop de travail et de capital pour les mettre à la disposition des touristes, tels un paysage ou un monument historique, un minimum d’aménagement, de protection et de conservation s’avère plus nécessaire.

L’étude des gains à l’échange a été complétée notamment par Stuart Mill (1848) en intégrant la demande mondiale dans l’analyse. Le gain réalisé par un pays de son commerce extérieur sera d’autant plus grand que les termes de l’échange seront plus différents du prix intérieur en cas d’autarcie. Ainsi, il est expliqué que les termes de l’échange sont déterminés par un mécanisme d’offre et de demande.

Stuart Mill fut le premier à développer l’idée que la demande joue un rôle fondamental dans l’établissement du prix international comme dans le partage du gain. Un pays aura d’autant plus de chance de gagner de façon importante à l’échange international que les produits pour lesquels il a un avantage comparatif sont fortement demandés. Stuart Mill avait fait remarquer que les pays riches gagnent le moins d’un volume donné de commerce extérieur. Leur demande élevée influence, en effet, les termes de l’échange en leur défaveur.

L’on peut ainsi présumer qu’un grand pays gagne relativement moins de l’échange international qu’un petit pays. Les petits pays étant plus dépendants du commerce extérieur, en raison de la moindre diversité de leurs ressources et de l’exiguïté de leur marché intérieur ; l’autarcie leur est beaucoup plus dommageable. Le libre-échange entre petits et grands pays aurait tendance à faire se rapprocher les termes d’échange des prix d’autarcie des grands pays, plutôt que l’inverse.

En pouvant commercer à des prix proches des prix d’autarcie de grands partenaires, les petits pays s’accaparent de presque l’entièreté du bénéfice de l’échange. En d’autres termes, l’autarcie est plus dommageable aux petits pays qu’aux grands. Toutes les nations, quelle que soit leurs tailles, ont intérêt à échanger et que leurs situations s’améliorent en passant de l’autarcie à l’économie ouverte.

S’il est démontré que la spécialisation appropriée augmente la masse des richesses tangibles, en augmentant la productivité conjointe des ressources de deux pays, il reste à montrer que le commerce peut augmenter le bien-être des échangistes sans modifier les quantités produites. Il s’agit alors d’une création d’utilités et non plus d’une création de produits au sens physique.

Supposons que les ressources dans chaque pays ne puissent être réaménagées, pour une raison quelconque, y aurait-il alors quand même avantage pour les pays à ouvrir leurs frontières et à permettre l’échange libre ?
L’hypothèse de rendements marginaux décroissants implique que l’augmentation de la production d’un bien ne peut se faire qu’au prix du sacrifice de doses croissantes de l’autre bien.

Les économistes auraient eu moins de mal à convaincre les hommes politiques et le public de l’avantage du libre-échange, si chacun avait pu être assuré d’obtenir une part du gain de l’échange et de la spécialisation appropriée. En réalité, ce gain collectif échoit fort inégalement aux différents groupes de la population. Il peut même être associé à des pertes pour certains secteurs, certaines régions, certaines catégories de la population.

En Suède, Kant Wicksell, concernant les effets sociaux du commerce international, écrivait en 1924 que le libre-échange généralisé pourrait résulter en un paradoxe social selon lequel, d’une part, l’efficacité totale du travail augmenterait considérablement, à cause du progrès technique, tandis que la productivité marginale du travail, et, dès lors, le salaire pour le travail non qualifié, tomberait très bas, peut être même en dessous du minimum vital.

Face au discours libre-échangiste forgé par l’économie politique classique, s’ébauche, dès le milieu du XIXe siècle, un contre-discours, qui met en avant les effets négatifs de la concurrence entre nations de niveaux de développement inégaux et plaide pour une intervention active de l’Etat en faveur des industries naissantes. Les thèses mercantilistes sont réactualisées dans le contexte d’une Europe bouleversée par la révolution industrielle, phénomène qui peut engendrer des écarts de développement entre les nations.  Ce néo-mercantilisme s’épanouit à partir des années 1870 dans les trois nations – Etats-Unis, Japon, Allemagne – qui ont une grande influence sur l’économie mondiale.

C’est dans l’Allemagne morcelée que la contestation du discours libéral trouve son expression théorique la plus vigoureuse, à travers l’apport de Friedrich List qui a publié en 1840 son célèbre ouvrage Système national de l’économie politique. Partisan d’une industrialisation fondée sur l’élargissement et la protection du marché intérieur, List montre l nécessité d’un protectionnisme éducateur. Selon List, une nation doit d’abord développer ses capacités productives avant d’affronter la concurrence internationale. Cette capacité réside dans l’aptitude à transformer les produits et à créer de la valeur ajoutée, et non à exploiter uniquement ce que la nature offre comme dons. L’industrie est donc la base de la puissance économique des nations et son essor exige l’intervention et la protection de l’Etat.

Au monde homogène évoqué par l’approche classique, d’où les enjeux de puissance semblent absents, où l’harmonie règne entre les nations co-échangistes, List oppose une vision une vision plus réaliste où puissance politique et richesse économique se conditionnent l’une l’autre. Certes, List n’écarte pas l’hypothèse que le libre échange puisse conduire à un accroissement du bien-être de toutes les nations, mais cette situation ne peut se produire, selon l’auteur, que dans le cas où les niveaux de développement des différentes nations seraient égaux. A ce titre, le libre-échange entre des pays à niveaux de développement inégal peut creuser davantage les écarts entre pays forts et pays faibles. En ce sens, le nationalisme de List peut se comprendre comme une politique défensive sur le plan extérieur.

B/ DOTATIONS FACTORIELLES ET SPECIALISATION INTERNATIONALE
                                                THEOREME (HOS)

La relation entre le commerce extérieur et la répartition avait été examinée systématiquement par l’économiste suédois Eli Heckscher en 1919 dans un article intitulé : « Les effets du commerce international sur la distribution du revenu ». C’est lui qui, le premier avança la proposition que le commerce extérieur égalise la rareté des facteurs de production d’un pays à l’autre. Cette thèse fut ensuite exposée d’une manière plus discursive par Bertil Ohlin, en 1933 dans son livre sur le commerce inter-régional et international. Constatant que chaque pays est doté diversement en facteurs de production de différentes catégories, les prix d’équilibre de ces facteurs seront naturellement plus ou moins divergents d’un pays à l’autre, en régime d’autarcie.

En autarcie, les facteurs relativement abondants (comparativement à l’étranger) seraient dépréciés ; les facteurs relativement rares seraient chers. Il y aurait à la fois divergence des prix des produits et de ceux de facteurs en autarcie. Les produits incorporant relativement beaucoup de facteurs abondants seraient relativement bon marché, alors que ceux incorporant des facteurs rares seraient relativement chers. Ainsi, le libre échange tend à égaliser les prix des produits, d’un pays à l’autre. Les prix nationaux convergent vers un prix international qui égaliserait les offres et demandes totales.

L’avantage conjoint et de chacun des pays dans cette égalisation des prix relatifs des produits sera réparti entre les catégories de facteurs dans chaque pays, d’une manière qui sera non seulement inégale, mais qui pourrait même comporter des effets négatifs pour certains. La hausse des prix des produits incorporant des facteurs relativement abondants entraînera les prix de ceux-ci à la hausse, alors que la baisse des prix des produits faisant appel aux facteurs rares provoquera la baisse de ceux-ci.

Pour Bertil Ohlin les effets du commerce consistent en une égalisation des prix des produits et une tendance à l’égalisation des prix des facteurs de production. Selon le théorème d’Heckscher-Ohlin, la composition du commerce international y est expliquée à partir d’un nouveau concept, celui d’abondance relative d’un facteur de production, qui va être à l’origine de l’avantage comparatif. Chaque pays a une production orientée vers le bien qui utilise de manière intensive le facteur dont il est doté et il tend à l’exploiter.

En 1948, P.A.Samuelson écrit que non seulement l’égalisation des prix des facteurs est possible et probable, mais dans un large éventail de circonstances elle est inévitable.
La coutume a imposé d’accoler les noms d’Heckscher, Ohlin et Samuelson pour construire ce qui est « la théorie HOS ». Cet ordre alphabétique correspond à la chronologie des écrits de ces trois auteurs.

La théorie des dotations factorielles fournit une explication de la spécialisation internationale des pays à partir du déterminant des différences internationales relatives des dotations en facteurs de production de chaque pays. Les différences quantitatives des facteurs de production entre les pays sont considérées comme la cause principale des échanges internationaux.  Les principales hypothèses de la théorie des dotations factorielles sont très restrictives. Elles correspondent aux caractéristiques du marché de concurrence pure et parfaite où il n’existe aucun obstacle aux échanges internationaux tels que les barrières douanières ou les restrictions de change.

Le déterminant principal de l’échange réside dans l’existence d’une différence entre les prix relatifs intérieurs de chacun des pays en situation d’isolement. Cette différence de prix relatifs des produits touristiques entre les deux pays ne peut provenir que d’une différence dans les dotations relatives de facteurs entre eux. Le prix relatif d’un produit intensif, par exemple en travail étant moins élevé dans le pays où ce facteur est relativement abondant et inversement.

Dès lors, le théorème HOS peut s’énoncer de la façon suivante : un pays disposera d’un avantage comparatif dans la production du bien qui utilisera le plus intensément le facteur pour lequel il a une abondance relative. Il exportera ce bien et importera le bien intensif dans le facteur de production pour lequel il est le moins bien doté. L’origine de cet avantage et de cette spécialisation internationale provient du fait que la production du bien exporté utilise une plus grande quantité de facteurs productifs dont le pays dispose en relative abondance.


Alors que dans le modèle de Ricardo, on pouvait penser que les différences de savoir-faire, c’est-à-dire, en fait, les différences de technologie étaient à la base des échanges internationaux ; dans le modèle HOS, ce sont les différences de dotations de facteurs de production entre les pays qui vont être déterminantes. Les différences de dotations de facteurs de production, essentiellement de capital et de travail, vont d’abord caractériser les structures économiques de chaque pays par l’intermédiaire des prix relatifs autarciques qui seront différents, puis elles vont être à la source des spécialisations et des échanges.

Les pays vont se caractériser par leurs différences de dotations factorielles. Ils sont supposés connaître les mêmes technologies, c’est-à-dire l’ensemble des techniques possibles pour fabriquer les produits ; en termes techniques, cela signifie qu’ils ont la même fonction de production pour chaque bien. Ils se différencient alors par leurs dotations respectives qui leurs permettent de produire plus ou moins de biens.

Lorsque le prix d’un produit augmente, cela accroît la rémunération du facteur qui est intensif dans la fabrication de ce bien et diminue la rémunération de l’autre facteur. La croissance d’un facteur de production entraîne, à prix constants, l’augmentation de la production du bien intensif dans ce facteur et la diminution de l’autre bien. L’effet d’amplification engendre une variation des productions plus forte que celle des facteurs.

A l’ouverture de l’échange, les pays vont se spécialiser dans les produits pour lesquels ils ont un avantage comparatif. La spécialisation internationale va engendrer des modifications dans les productions et dans les consommations et va créer des flux d’échange international. Ces phénomènes vont entraîner à leur tour des conséquences, en termes de gains à l’échange et de rémunérations des facteurs de production.

Les bases de la spécialisation vont résider dans les différences de dotations factorielles. A l’ouverture de l’échange, des flux d’exportations et d’importations de produits s’effectuent et l’établissement de l’équilibre international va de pair avec l’existence d’un rapport de prix international d’équilibre.

Un pays aura un avantage comparatif dans le produit intensif dans le facteur pour lequel il est relativement abondant. Ce produit sera un exportable. Inversement, ce pays aura un désavantage comparatif dans le produit intensif dans le facteur pour lequel il est relativement peu abondant, le produit sera alors un bien importable.

En échangeant des produits, les pays échangent les contenus en facteurs de production de ces produits. Cette caractéristique va engendrer une tendance à l’égalisation des rémunérations factorielles. Le commerce permet aussi de se procurer moins cher à l’étranger ce que l’on devrait fabriquer soi-même, ce qui entraîne un gain à l’échange international.
L’échange entraîne l’établissement d’un prix international unique et par conséquent aboutit à l’égalisation des revenus de facteurs entre les pays partenaires. L’échange de produits, aboutit alors au même résultat que s’il y avait eu échange de facteurs de production.

L’égalisation complète des rémunérations dépend d’un certain nombre d’hypothèses qui sont loin d’être vérifiées dans la réalité. Cette égalisation repose sur la complète convergence des prix internationaux des biens. Dans la réalité, les prix des biens ne sont pas complètement égalisés par l’échange international, dans la mesure où le parfait libre-échange existe rarement. De nombreux obstacles, droits de douane, quotas et autres mesures protectionnistes gênent les échanges ; par ailleurs, le coût du transport international est loin d’être nul.

On doit noter également que si les dotations relatives de facteurs entre les pays partenaires sont trop éloignées les unes des autres, l’établissement d’un prix international unique ne sera pas possible et empêchera de ce fait l’égalisation des rémunérations de facteurs. Enfin, si les facteurs de production ne sont pas parfaitement mobiles entre les secteurs, il ne pourra y avoir qu’un rapprochement des rémunérations internationales, mais pas une égalité. Ceci a été démontré par P. A. Samuelson (1971), dans le cadre d’un modèle à facteurs spécifiques.

L’échange international et la spécialisation modifient la répartition du revenu national entre les détenteurs des différents facteurs de production. Lorsque l’on prend des groupes d’individus ne possédant qu’un seul facteur de production, le théorème de Stolper-Samuelson peut s’appliquer pour étudier ces modifications, dans la mesure où l’échange modifie les prix relatifs des produits.

Ainsi, un pays abondant en travail va produire le bien intensif en travail à faible prix, l’ouverture à l’échange va engendrer une spécialisation dans ce produit, une augmentation du prix de ce produit et un accroissement de la demande de travail pour le produire. La rémunération du travail va augmenter, celle du capital baisser.
Le résultat général est le suivant : l’ouverture à l’échange détériore la rémunération des détenteurs du facteur rare dans l’économie, c’est-à-dire celui qui est intensif dans le produit pour lequel le pays a un désavantage comparatif.

Il y a de ce fait antagonisme d’intérêts entre les différents détenteurs de facteurs. Ceux détenant le facteur rare comme le travail dans un pays abondant en capital, seront opposés à l’ouverture à l’échange dans la mesure où celle-ci les pénalisera et vice versa. Le gain national à la spécialisation étant positif, il restera alors à l’Etat à indemniser ceux qui pâtissent de l’ouverture internationale, en redistribuant ce gain.

L’approche en termes de dotations factorielles a une parenté certaine avec celle de Ricardo mais elle en diffère par les explications de l’origine de l’avantage comparatif (simplement constaté chez Ricardo) et par la théorie de la production qui la sous-tend puisque sont introduits deux facteurs de production substituables. En dépit de leurs originalités et de leurs particularités, les auteurs ont tendance à regrouper la théorie ricardienne et celle connue sous l’abréviation d’HOS en tant que théories fondées sur les différences internationales de coûts.

Les théories traditionnelles reposent sur une démarche commune : les nations diffèrent entre elles, selon des critères propres à chacune des approches : dans la version ricardienne, ce sont les techniques de production qui diffèrent, alors que dans la version HOS, ce sont les dotations relatives en facteurs de production.

Cette différence entre nations est fondamentale, puisque c’est elle qui est à l’origine de l’échange. Il existe alors un avantage comparatif qui conduit chaque nation à se spécialiser dans la production du bien qu’elle peut obtenir relativement plus efficacement que l’autre.
Si la spécialisation se fait selon ce principe et si les nations entrent dans l’échange, elles peuvent alors simultanément gagner aux échanges.

Il existe donc une complémentarité entre la définition de la nation et le principe des avantages comparatifs. Dans les théories traditionnelles, les flux d’échanges entre les nations sont le reflet des avantages comparatifs qu’elles possèdent. Dans la théorie ricardienne, l’hypothèse d’immobilité internationale des capitaux est fondamentale pour donner un contenu économique à la nation.

L’analyse HOS repose sur une définition de la nation de même nature. Dans ce contexte, la nation est définie comme « un bloc de facteurs de production » qui ne peuvent se déplacer entre les nations. L’approche HOS a une parenté certaine avec celle de Ricardo mais elle en diffère par les explications de l’origine de l’avantage comparatif (simplement constaté chez Ricardo) et par la théorie de la production qui la sous-tend puisque sont introduits deux facteurs de production substituables.

En dépit de leurs originalités et de leurs particularités, les auteurs ont tendance à regrouper la théorie ricardienne et celle connue sous l’abréviation HOS en tant que théories fondées sur les différences internationales de coûts. Les théories traditionnelles reposent sur une démarche commune : les nations diffèrent entre elles, selon des critères propres à chacune des approches :

Dans la version ricardienne, ce sont les techniques de production qui diffèrent, alors que dans la version HOS, ce sont les dotations en facteurs de production. Cette différence entre nations est fondamentale, puisque qui est à l’origine de l’échange. Il existe alors un avantage comparatif qui conduit chaque nation à se spécialiser dans la production du bien qu’elle peut obtenir relativement plus efficacement que l’autre.

Si la spécialisation se fait selon ce principe et si les nations entrent dans l’échange, elles peuvent alors simultanément gagner aux échanges. Il existe alors une complémentarité entre la définition de la nation et le principe des avantages comparatifs. Dans les théories traditionnelles, les flux d’échanges entre les nations sont le reflet des avantages comparatifs qu’elles possèdent.

Dans la théorie ricardienne, l’hypothèse d’immobilité internationale des capitaux est fondamentale pour donner un contenu économique à la nation. L’analyse HOS repose sur une définition de la nation de même nature. Dans ce contexte, la nation est définie comme un « bloc de facteurs de production » qui ne peuvent se déplacer entre les nations.

Les théories traditionnelles du commerce international reposent sur la définition d’un « macro-agent » particulier, la nation, qui ne peut être relié aux agents individuels : à chaque nation sont associées des caractéristiques particuliers qui permettent d’expliquer quels sont les biens produits et donc quels sont les biens exportés, d’une part (ceux qui sont produits au-delà de la demande nationale) et quels sont les biens importés, d’autre part (ceux qui sont demandés par les consommateurs mais dans la production est abandonnée). C’est là l’enjeu de l’explication de la spécialisation internationale.

Les tentatives de vérification empirique des théories traditionnelles sont généralement inadéquates pour rendre compte de la réalité du commerce international ; les flux commerciaux enregistrés ne peuvent être expliqués par les avantages comparatifs des nations.
Le caractère simplificateur de toute théorie rend la confrontation de celle-ci à la réalité toujours délicate et pleine d’embûches. Aussi, est –il facile de lancer des défis à des théories dont les hypothèses sont quelque peu restrictives.

C’est ainsi que la théorie HOS selon laquelle chaque pays tend à concentrer ses activités dans les secteurs qui font appel d’une façon relativement intensive aux facteurs comparativement abondants dans ce pays, fut l’objet d’un test statistique aux Etats-Unis, de la part de W. Leontief dans un article paru en 1953 et 1956. Les Etats-Unis sont, selon l’opinion courante, relativement biens pourvus en capital, et le travail y serait le facteur de production relativement rare.

Ce pays devrait donc normalement se spécialiser dans les produits qui font appel au capital d’une manière relativement intensive, et importer des produits riches en travail. Or, paradoxalement, ceci ne serait pas d’emblée confirmé par les statistiques.
Dans sa tentative de vérification de la validité des propositions de la théorie HOS par le commerce international, Wassily Leontief a obtenu des résultats contraires à la théorie. Ce résultat est connu sous le nom de « paradoxe de Leontief ».

Selon la théorie HOS, on s’attend à ce que les exportations seraient composées de biens intensifs en Capital et à ce que les importations portent sur des marchandises ayant une forte intensité en travail ; or, les Etats-Unis exportent des biens incorporant plus de travail que de capital. Le paradoxe de Leontief va être à l’origine d’une réflexion approfondie sur la nature des facteurs de production.

Dans son interprétation des résultats, Leontief propose de prendre en compte l’hétérogénéité internationale du travail. La logique de cette démarche conduit de raisonner sur les différences dans les qualifications des travailleurs. Au lieu de considérer que les nations sont caractérisées par une dotation en travail homogène, il est alors possible d’analyser les dotations en différentes catégories de travail : peu qualifié, qualifié, fortement qualifié. C’est ainsi qu’apparaît une nouvelle conception du commerce international qui met l’accent sur le rôle joué par les innovations et sur les décalages temporels dans l’apparition de ces innovations entre les nations.

La démarche a été critiquée sur certains points. Outre la controverse sur la fiabilité des statistiques et de la période étudiée par Leontief, certains auteurs soulignent que si la notion de capital n’inclut pas tous les facteurs autres que le travail (ressources naturelles, aptitudes entrepreunariales et administratives, etc.), les facteurs de production, en termes de travail et de capital, proprement dit, sont hétérogènes d’un pays à l’autre.

Pour cette raison, un même produit pourrait être relativement intense en travail dans un pays, et relativement intense en capital dans un autre pays. Il est significatif que Leontief n’ait pas analysé les caractéristiques factorielles des produits importés, mais celles des produits nationaux concurrents à ceux-là.

            La théorie traditionnelle (classique et néoclassique) du commerce international reposait sur des hypothèses d’immobilité des facteurs de production, de concurrence pure et parfaite et de rendements constants ou décroissants. Aucune de ces hypothèses n’est empiriquement vérifiée. Le cadre réel du commerce international est à l’inverse celui d’une mobilité croissante des facteurs de production et notamment du facteur capital (tant dans sa forme financière que physique), de la concurrence monopolistique et des rendements croissants.

                       
C/ NOUVELLES THEORIES DU COMMERCE INTERNATIONAL

Toutefois, cette démarche a ouvert la voie à de nouvelles formulations théoriques. Une nouvelle conception du commerce international va mettre l’accent sur le rôle des innovations et du facteur technologique. Dans la recherche des déterminants des échanges internationaux, l’accent va être mis sur la recherche-développement (R&D) qui sont réalisés par les firmes et les institutions publiques, et ses conséquences sur le progrès technique et les innovations.
Cette théorie apparaît au début des années soixante, elle trouve une de ses formes les plus populaires dans le «  cycle de vie du produit » exposé par Raymond Vernon en 1966.

L’apport de Vernon réside dans la spécification de la nature des innovations et la prise en compte de l’évolution des conditions de production des biens.
Le cycle de vie du produit est une notion ancienne, utilisé dans des études de marketing. Le produit subit des phases au cours de son développement (naissance, croissance, maturité sénescence) qui sont liées à la croissance de la production. Les étapes sont liées à l’attitude des consommateurs face au produit mais aussi aux conditions de production ; ces deux aspects contribuent à déterminer la structure du secteur.

Ainsi, pour un nouveau produit qui apparaît comme un bien de luxe, la demande est peu sensible au niveau du prix ; la production s’effectue en courtes séries qui exigent un travail qualifié et une faible intensité en capital ; le nombre de firmes est faible. Lors de la croissance, la concurrence par le prix entre les firmes commence et les méthodes de production de masse sont utilisées ; le nombre de firmes est alors important. Pendant la phase de maturation, la concurrence repose sur les prix, la production se fait en grande série avec un travail faiblement qualifié et une forte intensité en capital ; le nombre de firmes diminue. Enfin, lors de la sénescence, la production est progressivement abandonnée par toutes les firmes.

La reconnaissance du rôle joué par le facteur technologique conduit donc à une rupture fondamentale avec la théorie traditionnelle. Les implications de cette approche sont nombreuses ; l’une d’entre elles c’est la place laissée dans ce schéma à l’intervention des pouvoirs publics dans la détermination de la spécialisation internationale. Si les flux commerciaux peuvent être expliqués par les dépenses de R&D, il s’ensuit que toute politique publique ayant pour but de favoriser l’activité de recherche-développement des firmes permet d’agir sur le volume des échanges internationaux.

Ainsi, les politiques de formation permettent d’accroître le nombre de personnes qualifiées, mais aussi les politiques de stimulation de la R&D, par le biais d’avantages fiscaux, par l’intermédiaire d’organismes de recherches publiques, ou encore par les incitations aux coopérations des firmes dans des programmes de recherche et de qualification, doivent avoir comme résultat l’apparition de nouveaux biens, à l’origine de nouveaux flux commerciaux.

La nouvelle théorie du commerce international s’est développée depuis la fin des années soixante-dix sur la base d’une critique de la théorie traditionnelle, notamment l’approche HOS. La théorie traditionnelle a fait l’objet, au fil du temps, de critiques et de remises en cause diverses sur de nombreux points. Cependant, ces critiques sont restées marginales parce que aucune théorie alternative incorporant de nouvelles hypothèses n’a pu être construite.

En revanche, la nouvelle théorie développe une approche qui cherche à rendre compte de phénomènes inexplicables par l’ancienne, et qui applique de nouveaux instruments d’analyse. La théorie traditionnelle échoue à expliquer les caractéristiques importantes des échanges internationaux contemporains. L’étude des grandes tendances du commerce international contemporain fait apparaître que l’essentiel du commerce international est réalisé entre les nations les plus développées. Ces nations présentent des caractéristiques qui conduisent à penser que les explications avancées par Ricardo ou par la théorie HOS ne peuvent rendre compte de ces échanges.

Les théories traditionnelles, qui supposent que les biens échangés sont homogènes, ne peuvent expliquer ces flux commerciaux. Pour expliquer les échanges internationaux, la nouvelle théorie adopte une représentation des économies nationales qui repose sur un ensemble d’hypothèses différentes ; la différence fondamentale vient de ce que la théorie traditionnelle repose sur la concurrence parfaite, alors que la nouvelle théorie adopte les concepts de la concurrence imparfaite.

Les caractéristiques les plus importantes du nouveau cadre de référence sont les suivantes : les marchés sont des oligopoles, la production se fait avec des rendements d’échelle croissants, les produits offerts sont différenciés, la concurrence entre les firmes peut reposer sur des investissements dans la formation et la qualification des travailleurs. Selon les auteurs, l’accent est mis sur une ou plusieurs de ces caractéristiques.

Les théories traditionnelles considèrent que les biens échangés sont homogènes, conformément aux hypothèses de la concurrence parfaite. Cependant, la théorie micro-économique a développé une hypothèse différente, celle de la différenciation des produits.
Le principe de base est le suivant : les produits des offreurs sur un marché donné ne sont pas considérés comme parfaitement substituables par les consommateurs en raison d’une différenciation subjective ou objective. Dans ces marchés, les firmes rivales jouissent d’un certain pouvoir de monopole qui leur confère une liberté de fixation des prix sans pour autant connaître une désaffection de leur clientèle.

La différenciation des produits peut en effet donner lieu à deux types de commerce international. Le premier résulte d’une différenciation horizontale, c’est-à-dire lorsque les produits présentent la même qualité mais sont distingués par les consommateurs en raison de leurs différences réelles ou perçues.

Selon le type de production, les consommateurs d’un pays vont demander des produits étrangers parce qu’ils ont un goût pour la variété ou bien parce que les producteurs étrangers offrent des produits qui correspondent plus précisément aux spécificités qu’ils demandent.
Le second relève de la différenciation verticale, lorsque les consommateurs sont confrontés à des produits qui ont des qualités différentes. Les consommateurs ayant des revenus élevés demandent la qualité supérieure, alors que ceux à revenus faibles sont intéressés par la qualité inférieure. La spécialisation internationale s’explique alors par le niveau moyen de revenus des personnes  et donc par le niveau de développement des pays. La forme précise des échanges internationaux dépend des répartitions nationales des revenus.

Le pays avec le revenu moyen le plus élevé se spécialise dans la production de la qualité supérieure, celui avec le niveau de revenu le plus faible dans la production de la qualité inférieure ; et il existe des échanges internationaux de biens de qualités différentes.
L’abaissement des prix dû au commerce international va avoir comme conséquence, la sortie du marché des firmes produisant les qualités inférieures.

Paul Krugman, l’un des fondateurs de la nouvelle théorie, met en évidence le rôle joué dans les échanges internationaux par des secteurs qui sont analysés comme des oligopoles. Lorsque ce sont les rendements croissants qui expliquent les échanges internationaux, le principe des avantages comparatifs disparaît et l’analyse retourne aux avantages absolus. Cette constatation fournit les germes d’une remise en cause radicale des enseignements de l’économie internationale.

L’aboutissement de la démarche doit donc être de considérer qu’il existe deux types de commerce international, une parie de ce commerce est expliquée par les déterminants traditionnels liés aux caractéristiques des nations et donc aux avantages comparatifs, l’autre par les économies d’échelle.

La seconde conséquence de la prise en compte des rendements croissants est la modification radicale de la perspective par l’affirmation du rôle décisif que peut jouer l’histoire dans la localisation des activités économiques, industrielles en particulier. Dans ce cas des rendements croissants, la date d’entrée dans la production des firmes d’un pays devient un facteur essentiel pour expliquer la spécialisation internationale. Les premiers pays entrés bénéficient d’un avantage qui ne peut jamais être rattrapé par d’autres concurrents.

La spécialisation internationale devient alors un phénomène qui s’explique par des considérations historiques qui ne peuvent pas nécessairement être ramenées à des arguments rationnels. Il convient de préciser que, dans ce cas, il peut exister une incitation forte des pouvoirs publics à favoriser l’apparition de nouveaux produits de ce type sur leur territoire, à travers des interventions en faveur de l’activité recherche-développement des firmes. En fait, la nouveauté réelle des résultats théoriques avancés par la nouvelle théorie est inégalement répartie selon les domaines considérés.

De manière relative, la nouvelle théorie du commerce international a modifié de façon sensible la manière de raisonner qui caractérise les théories traditionnelles. Les apports nouveaux sont véritables dans le domaine des politiques commerciales et industrielles stratégiques, de l’analyse du commerce international des produits différenciés, de l’explication de la multinationalisation des firmes. En revanche, les tests empiriques résultant de la nouvelle théorie rencontrent le même échec que la théorie traditionnelle.

En raison de ces insuffisances, Krugman a choisi depuis le début des années quatre-vingt-dix de s’orienter progressivement vers un cadre d’analyse nouveau, celui de la localisation des activités économiques et de l’intérêt des études de l’économie régionale et de la géographie économique.

L’origine de cette nouvelle théorie peut être trouvée dans le rôle accordé aux accidents de l’histoire qui font que la production d’un bien apparaît dans un lieu déterminé et que des effets liés aux rendements croissants conduisent au renforcement et à l’entretien de ce pôle. L’explication de la spécialisation internationale par la localisation des activités économiques traduit un changement de terrain par rapport aux théories du commerce international.

L’analyse développée par Krugman a pour ambition de comprendre pourquoi l’activité économique n’apparaît pas en des lieux quelconques d’un territoire national, mais, au contraire, se répartit en pôles fortement spécialisés. Des localisations résultent de l’interaction de trois facteurs : les rendements croissants, les coûts de transport, la demande. Le raisonnement est alors le suivant : s’il existe des économies d’échelle suffisamment fortes, les producteurs sont incités à approvisionner le marché national à partir d’une localisation unique. Par ailleurs, pour minimiser les coûts de transport, les firmes choisissent une localisation où la demande locale est importante. Enfin, la demande locale est importante à l’endroit où la majorité des producteurs a choisi de se localiser.

L’interaction des trois éléments permet de comprendre pourquoi, une fois une localisation choisie, elle a tendance à être stable et à s’autorenforcer. Le changement de perspective introduit par Krugman conduit à poser que l’étude de ce qui se passe à l’intérieur des nations constitue la meilleure manière pour comprendre le fonctionnement de l’économie internationale, et que la spécialisation internationale ne peut être expliquée qu’à partir des spécialisations locales.

Ce point est étranger aux théories du commerce international, traditionnelles ou nouvelles, en raison de la conception de la nation retenue. La constitution du macro-agent très particulier qu’est la nation conduit à faire l’impasse sur ses composantes, qu’il s’agisse des agents économiques ou des démembrements territoriaux des nations comme les régions.

Cette démarche a un sens lorsque l’un des présupposés de l’analyse est que la spécialisation internationale est expliquée par les dotations relatives en facteurs de production, comme c’est le cas dans la théorie HOS. Dans un monde de rendements constants, les facteurs expliquant les localisations de production au sein de l’espace national ne jouent aucun rôle. En revanche, la reconnaissance du rôle des rendements croissants implique que les activités économiques, si elles apparaissent par hasard, se développent ensuite en s’autorenforçant.

            La théorie traditionnelle ne s’intéressait guère à la demande, ignorait la, monnaie et le temps historique, excluait le progrès technique (supposé exogène) du champ de la concurrence, s’opposait à toute intervention de l’Etat. Les approches contemporaines insistent à l’inverse sur l’enjeu majeur d’une bonne adaptation des structures d’offre aux tendances de la demande mondiale, sur l’importance des mouvements monétaires dans l’évolution des conditions de la concurrence internationale, sur le rôle essentiel de l’innovation et de l’investissement en recherche-développement pour la compétitivité à long terme, sur la légitimité et l’efficacité enfin de certaines interventions de l’Etat dans un contexte de concurrence imparfaite et de rendements croissants.

L’existence de rendements croissants signifie que les coûts unitaires sont d’autant plus faibles que l’échelle de la production est élevée. Dans ces conditions, la spécialisation ne peut se déterminer sur la base des comparaisons de niveaux de productivité qui seraient donnés, avant même tout échange. Ce sont au contraire la spécialisation et l’échange qui rendent possibles les économies d’échelle et déterminent les niveaux de productivité. Deux pays dotés de facteurs de production identiques ont ainsi intérêt à se spécialiser pour bénéficier de la taille accrue du marché offert à chacun d’eux. Le choix de la spécialisation reste cependant indéterminé et soumis aux luttes concurrentielles.
Cette conclusion prend totalement à contre-pied l’approche traditionnelle de l’échange international. Elle introduit la possibilité d’une évolution vers des structures de marché de moins en moins concurrentielles. Dès lors en effet qu’une échelle de production plus grande permet de réduire les coûts et donc d’accroître les profits, les entre prises ont intérêt à tout mettre en oeuvre pour accroître leurs parts de marché en éliminant ou en absorbant les concurrents plus fragiles financièrement, en pratiquant des prix plus bas à l’exportation que sur le marché intérieur (dumping), ou encore en bloquant la diffusion de leurs innovations (barrières à l’entrée) de façon à jouir d’une situation de monopole.
A l’évidence, ces pratiques évoquent bien plus la réalité actuelle du commerce international que ne le fait la théorie traditionnelle. Loin d’exprimer une division rationnelle du travail exploitant au mieux les capacités de chaque nation, l’échange international traduit pour une large part la lutte des entreprises et des nations pour accroître leurs parts du marché et du revenu mondial. Il n’est guère surprenant, dans ces conditions, que l’échange intrabranche, expression de la concurrence pour les marchés les plus lucratifs, en soit la forme dominante.
Au-delà des déterminants statiques (dotations naturelles et factorielles) identifiés par la théorie classique, la spécialisation trouve aujourd’hui son fondement dans l’innovation. Celle-ci peut porter sur les produits ou sur les procédés de production. Il s’ensuit qu’il n’existe pas de déterminisme de la spécialisation internationale, mais au contraire une dynamique de celle-ci fondée sur la mise au point ou l’acquisition de nouvelles technologies, ou le perfectionnement de technologies existantes, qui permettent à toutes les nations de se fabriquer de nouveaux avantages comparatifs.
Cette reconnaissance du rôle décisif de l’innovation et de l’existence de rendements croissants jette une lumière nouvelle sur le rôle de l’État. La capacité des entre prises à innover est en effet fortement conditionnée par leur environnement logistique, par les niveaux d’éducation et de qualification de la population et par l’effort publique de recherche-développement.
L’existence de structures de marchés imparfaites encourage cependant les politiques commerciales agressives qui peuvent s’avérer profitables non seulement pour l’entreprise, mais aussi pour le pays (création d’emplois et de revenus). Le concept de politique commerciale stratégique, proposé aux États-Unis par Paul Krugman, rend compte des efforts des États pour aider les entreprises nationales à pénétrer les marchés oligopolistiques caractérisés par l’existence de sur- profits et de fortes barrières à l’entrée, ou encore pour aider les entre prises en position dominante sur ces marchés à se protéger de la concurrence.
Réhabilitée au plan sectoriel, l’action de l’État s’exerce en outre de façon cruciale à travers les politiques macroéconomiques globales et leur impact sur les taux de change. Selon la théorie classique, les taux de change tendent à égaliser les prix en devises des biens échangés par les différentes nations (théorie de la parité des pouvoirs d’achat), évitant ainsi que les conditions de la concurrence ne soient faussées. Pour séduisante qu’elle soit, cette théorie est rarement vérifiée. Les amples fluctuations des taux de change observées depuis le début des années 1970 ont pour conséquence que les prix internationaux des marchandises fluctuent au jour le jour et sont affectés d’un risque de change rarement négligeable.
L’optimum international résultant d’une spécialisation rationnelle selon le principe des avantages comparatifs devient dans ces conditions très aléatoire. Il devient en revanche tentant pour les gouvernements de guider l’évolution de leurs taux de change de façon à accroître les parts de marché des producteurs nationaux. Aux dévaluations compétitives des années 1930 succèdent ainsi des pratiques de manipulation des taux de change d’autant plus difficiles à contrer qu’elles sont difficiles à prouver dans un contexte de flottement des monnaies.
Les économistes libéraux retrouvent ainsi l’occasion de faire valoir l’un des arguments les plus décisifs en faveur du libre-échange, à savoir que, pour légitime qu’elle puisse être dans certains cas, l’intervention des États dans le jeu de la concurrence internationale risque fort d’entraîner des mesures de rétorsion en chaîne qui peuvent se révéler désastreuses pour l’économie mondiale.        

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